Faut-il être riche pour être incontinent ?
C’est la question que l’on peut se poser et que se posent plus de 3 millions de personnes qui font partie de cette catégorie de « malchanceux ».
Non seulement ils subissent la non reconnaissance de leur situation au quotidien, mais également un préjudice considérable sur le plan financier.
On ne veut pas reconnaître cette souffrance, on ne veut pas admettre que ce soit un « handicap », on ne veut pas croire que les coûts engendrés par la communauté nationale pourraient être diminués si les Pouvoirs Publics en prenaient conscience, on ne veut pas voir tout ce désarroi parce qu’on le connaît mal ou qu’on ne veut pas le connaître.
Aujourd’hui ce tabou commence à être levé, mais il est toujours présent. Ce n’est pas un élément fédérateur pour émouvoir les médias. A-t-on déjà vu une manifestation de personnes incontinences sur la place publique ? NON. Elles se taisent. A-t-on calculé leurs dépenses pour qu’elles restent dignes ? NON. On l’ignore. S’est-on déjà penché sur le coût énorme engendré par leur placement en institution, simplement à cause de ces « fuites ». NON. Elles subissent.
L’AAPI (Association d’Aides aux Personnes Incontinentes), elle, le sait, et ces personnes le savent aussi.
Depuis 1992, notre Association se bat pour que les protections absorbantes pour incontinents rentrent dans une corrélation totale entre «prix » et « besoins ». De nombreux rapports ont été transmis aux différents Ministère de la Santé en ce sens, afin que le taux de TVA soit ramené de 19,6% à 5,5%, mais les Pouvoirs Publics français nous opposent la Directive H de 1977 dans laquelle ces dispositifs médicaux ne figurent pas parmi les produits à TVA réduite.
Les protections ne sont pas un « luxe », mais la dernière solution quand rien ne peut plus être tenté. Non seulement psychologiquement l’effet est traumatisant, mais budgétairement l’effet est lourd, surtout dans cette période de crise.
C’est pourquoi nous avons entrepris de sensibiliser aussi bien les élus que les médias.
Les personnes handicapées par leur incontinence ne comprennent pas cette non-reconnaissance de leur handicap, d’autant que certains dispositifs mis à leur disposition comme les étuis péniens, les poches, par exemple sont remboursés. Les femmes plus nombreuses, (70% de femmes – 30% d’hommes) ne comprennent pas cette inégalité sociale
incohérente et irrespectueuse.
Si, comme nous l´espérons, vous souhaitez soutenir notre démarche, nous vous remercions de nous retourner cette pétition signée afin que nous puissions être nombreux à dénoncer une société dans lequel nous ne nous reconnaissons pas et où l’on ne veut pas reconnaître le handicap lié á l´incontinence.
Nous vous en remercions à l’avance et nous vous assurons que tout sera mis en œuvre pour que l’indifférence ne soit pas, elle aussi, un tabou.
La Présidente - Docteur Odile COTELLE
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